Gran Sanblé Matinik


Contre la crise, solidarité et audace !

Par J. et L. CRUSOL, le 8 février 2009

 

Le plan d’urgence, un programme opérationnel  sur trois ans afin d’éviter l’effondrement.

La crise financière a peu touche l’économie de la Martinique, en raison de nos structures financières. Nous n’avons pas de grandes banques locales ni de sociétés financières opérant sur les marchés internationaux, mais des banques régionales adhérent à des réseaux nationaux et des  filiales de banques nationales.

 Par contre, avec un décalage, nous ne pouvons éviter la crise économique comme nous nous en rendons progressivement compte.

Les états unis sont touchés et perdent des millions d’emplois dans des délais extrêmement brefs,

L’Europe subit le contrecoup comme la plupart des grandes zones économiques,

Les petits pays qui se sont lancés dans la finance internationale  comme l’Irlande, ou l’ Islande sont touchés.

A  la Martinique, les conséquences non encore résolues de Dean et du tremblement de terre, en dépit des déclarations gouvernementales ainsi que les déficiences structurelles de l’économie, s’ajoutent à la crise.

Du fait de l’ouverture inévitable de notre économie, il faut s’attendre à des diminutions de recettes de production de biens et de service extérieurs.

Cette situation de retrouvera de manière cruciale dans la banane et le tourisme, mais aussi dans les autres produits d’exportation.

La diminution des recettes publiques, notamment l’octroi de mer  et la taxe  sur les carburants est à prévoir.

La récession touchera  les marchés ouverts aux entreprises de travaux publics et du bâtiment.

 En entraînant la diminution des revenus distribués du fait des licenciements et  des faillites  d’entreprises, cette crise nous menace d’un processus cumulatif de restriction de l’activité économique à laquelle s’ajoute la probable diminution des dépenses liées aux difficultés du conseil général.

Afin d’éviter un effondrement de notre société, un programme d’ensemble de sauvetage sous l’impulsion du conseil régional responsable du développement économique doit rapidement être élaboré en concertation avec les acteurs économiques et politiques.

Il doit contenir des mesures à court et à plus long terme.

A court terme, des mesures substantielles du soutien au pouvoir d’achat permettant le soutien de la consommation et, partant, le maintien des emplois sont incontournables.

Elles doivent se concrétiser autour des niveaux de salaires et des minima sociaux, dans le cadre des négociations engagées sur le pouvoir d’achat.

Quelques soient les mesures prise, il existe une forte probabilité d’augmentation du chômage, pour les raison indiquées.

Pour y faire face,  une organisation des concours sociaux, véritable plan Orsec social, doit être mise en place autour des municipalités et de leurs Centres communaux d’action sociale(CCAS).

Les conseils s d’administration de ces CCAS doivent être ouverts pour intégrer des représentants de l’état, des conseils général et régional, de la CAF et de la Sécurité sociale.

Les intervenants sociaux de ces organismes devraient voir leurs efforts mutualisés  pour des actions générées par la connaissance du terrain.

Ces CCAS renforcés devront piloter les aides locales afin d’éviter que personne ne soit oublié et qu’aucun abus ne se glisse dans l’urgence.

Le plan d’urgence doit débuter par une évaluation rapide, mais sans complaisance de la situation et des besoins :

Évaluation des pertes de recettes citées plus haut, à prévoir,

Évaluation des besoins d’aides sociales

Évaluation des besoins en logements

Évaluation des besoins en infrastructures routières

Evaluation des besoins en infrastructures économiques, comme les zones d’activités

Evaluation globale de l’état des infrastructures scolaires, universitaires et de formation dont l’état est souvent plus que préoccupant. Dans le même temps, une actualisation transparente des schémas d’implantation doit être élaborée, en concertation.

 

Pour mieux comprendre nos mécanismes économiques et sociaux, un examen des  processus de formation des prix des produits les plus couramment utilisés par les foyers modestes, d’une part,  et la masse des consommateurs, d’autre part, en recherchant les éléments de surcoût, de rente et de pratiques illégales (pratiques anticoncurrentielles,  abus de position dominante…etc.) est une des conditions préalables, trop souvent remises à plus tard.

Constitutions de comités opérationnels d’urgence

La concertation invoquée par tous, doit devenir effective, sans attendre d’éventuelles modifications des institutions, à moins qu’il ne soit démontré, chiffres  à l’appui, que ces modifications sont un préalable.

Pour cela une double approche, politique et technique, devrait être mise en œuvre, à travers     un Comité ou collectif d’urgence avec l’état, les conseils régional et général, représentants des communes à travers l’association des maires et les sociaux professionnels au sens le plus lare : syndicats de salariés et d’employeurs, travailleurs indépendants…

Des sous comités par arrondissements

Un comité technique avec les techniciens des mêmes organismes.

Le rôle de ces comités sera de coordonner les évaluations, les décisions  et leur mise en application,

Et de définir des procédures de crise permettant de passer outre les règles habituelles, par exemple, dans l’urbanisme, les procédures de marché (tout en préservant la transparence et l’équité), dans les grilles de financement.

C’est ainsi, que des modifications des clés de financement, vers un moindre autofinancement par les collectivités locales sont inévitables.

Les collectivités, plus particulièrement les communes ne pourront, compte tenu de leur situation financière et budgétaire et des règles de gestion publique, faire face ni aux apports en fonds propres ni aux emprunts nécessaires au financement des programmes exceptionnels requis, sans compromettre gravement leurs équilibres financiers et comptables.

La condition principale de la survie de l’économie et de la société martiniquaises est le maintien des flux économiques et financiers par des apports substantiels de fonds (contracycliques) du Conseil régional, de l’Etat et de l’Europe.

Définir et mettre en œuvre une vrai réponse à la crise mondiale.

              La gravité de la situation locale est accrue par la crise mondiale, il est donc clair que nous devons vulgariser l’explication objective de la crise mondiale (médias, conférence, séminaires…), de ces tenants et aboutissants et de l’impact à attendre au niveau de la Martinique.

         Ce n’est pas le moment de remettre en cause la défiscalisation tant que les perspectives ne seront pas meilleures mais de mieux en contrôler l’application, selon des procédures économiques et politiques plutôt que bureaucratiques et répressives.

C’est le moment d’accroître la LBU (plus généralement les fonds pour le développement de la construction sociale) et d’assurer le financement du logement social.

C’est le moment de mettre en place un plan d’ensemble de constitution de réserves foncières et de viabilisation progressives de ces réserves foncières en vue de la construction sociale.

               C’est le moment d’examiner le niveau d’application des mesures sociales  et d’avancer les échéances de lancement des chantiers publics et des mesures sociales qui ne sont pas appliquées dans les DOM mais que le sont en France métropolitaine (aides aux logements…etc.).

Globalement les montants liés aux mesures sociales appliquées dans les DOM ne représenteraient la moitié de ce qu’ils sont en France métropolitaines.

               C’est le moment d’accompagner les négociations entamées entre les représentants syndicaux et du collectif que 5 février et les partenaires sociaux (salariés, employeurs), collectivités, Etat, pour obtenir une baisse des prix et une revalorisation des revenus les plus bas (SMIC, RMI, pension… retraites…)

         Au-delà, la mise en place d’un fonds d’intervention spécial en faveur de petite et moyennes entreprises et des très petites entreprises (PME-TPE) s’impose tandis que le rôle du médiateur local du crédit devra être renforcé.

Une stratégie nouvelle et innovante de développement

C’est dans toutes les directions que nous devons lancer un vrai plan de développement de la Martinique visant à mieux l’intégrer dans les réseaux du commerce mondial à lui donner une véritable vocation de plate forme industrielle, commerciale, touristique et de services, en relation avec les pays voisins, incités à engager des relations plus étroites avec l’Europe.

Dans ce cadre nous pourrions asseoir notre développement sur les atouts de l’environnement et la biodiversité en faisant un effort particulier d’adaptation des technologies modernes dans toutes nos productions.

Les premières directions à explorer seront :

1)     Relancer la politique de diversification agricole sur la base d’entreprises viables et à valeur ajoutée exploitant entre autres les possibilités du marché local.

2)     Réactiver la fabrication locale et régionale à travers des coopérations originales avec nos voisins.

3)     Faciliter l’accessibilité en abaissant les coûts d’accès aux marchés européens par la mise en place d’une vraie continuité territoriale, d’une concurrence accrue entre les transporteurs, en particulier maritime

4)     relancer la politique touristique en ciblant les couches considérables de marché que constituent, au niveau européen, la clientèle des seniors (plus de 100 millions de personnes) disposant d’un revenu stable, de temps pour leurs vacances et qui valorisent la sécurité médicale (Cette clientèle recherche surtout des modes d’hébergement liés à la nature et recherche le calme et de contact humain ils bénéficient de leurs droits sociaux et médicaux en Martinique), en ciblant également le tourisme environnemental, culturel et de biodiversité ( notamment en développant des  parcs botaniques, jardins publics à thèmes.

5)     , plutôt que les « 3S ». Réexaminer les systèmes d’incitation de l’investissement et de la promotion touristique dans cette perspective.

6)     Positionner l’aéroport de la Martinique comme « hub » des compagnies européennes et internationales dans la Caraïbe orientale et, autant que possible, en  Amérique centrale et du Sud en réactivant les procédures d’intervention des collectivités sur les tarifs aériens, procédure prévues par la loi, mais jamais appliquées.

7)     Positionner le port de la Martinique comme plateforme logistique sur la route Asie-Panama-Caraïbe Orientale-Europe- Méditerranée- Amérique du Nord-Amérique du Sud, des cargos de taille moyenne,

8)     Créer une zone d’activité à statut d’entreprises « franche » ou une « zone franche » non pas globale, mais définie et délimitée, incluant toute la zone portuaire de la Pointe Simon jusqu’à la zone de Petite Cocote. Cette zone pourra profiter le l’activité de transbordement, de transformation industrielle, de franchissement de la frontière européenne dans les deux sens,  que favorisera la mise en œuvre des Accords de partenariat économique avec nos voisins. Les entreprises seraient encouragées à produire pour la demande interne qui pourrait se développer avec le développement des activités et de la clientèle touristiques et pour la demande régionale, Antilles-Guyane et Caraïbe. Une grande partie de cette activité pourrait consister en services

9)     Evaluer la faisabilité de la mise en place d’un gazoduc en provenance de Trinidad permettant de baisser le prix de l’énergie pour les fabrications industrielles et l’éclairage public tout en fournissant une énergie moins polluante.

10) Développer l’accessibilité du réseau haut débit, et abaisser le coût de fourniture du service. Former les acteurs économiques à l’utilisation professionnelle et commerciale des TIC, tant comme moyen de mise en relation externe que de gestion interne des entreprises. A ce sujet il est utile de rappeler que les pays voisins sont en train de nous dépasser dans ce domaine ! l’accessibilité et les coûts sont déjà meilleurs à Barbade et Antigua qu’à la Martinique

11) Développer une politique plus offensive de remplacement des formes d’énergie fossile traditionnelle par des formes d’énergie diversifiées : solaire, photovoltaïque, houle, éolienne…etc. Développer l’éducation des jeunes et de la population en matière d’environnement, de biodiversité, de comportement antipollution, d’utilisation des formes d’énergie alternative et de non gaspillage des ressources en général.

12)  

La situation que nous vivons et qui a toute probabilité de s’aggraver, nécessite des investissements importants, tant financiers qu’humains.

Nous pouvons et nous devons nous mobiliser, aujourd’hui et maintenant, en tenant compte de la détermination de notre population à ne se laisser faire ni étrangler.

En faisant prévaloir la solidarité vrai, celle de l’effort et  du partage des fruits du travail des martiniquais  nous pouvons engager dès aujourd’hui, un acte refondateur.        

 

 

Une Réponse to 'Contre la crise, solidarité et audace !'

Subscribe to comments with RSS ou TrackBack to 'Contre la crise, solidarité et audace !'.

  1. JOSEPH Nicole said,

    La Réunion s’est dotée d’une centrale solaire qui approvisionne toute l’île en énergie naturelle. Pourquoi pas en Martinique ? C’est l’énergie écologique la plus présente ici. Deuxième point, plutôt que de favoriser la banane, ne serait-il pas opportun de développer des cultures telles que huiles essentielles, spiruline, répertorier les plantes et essences dont certaines composantes sont indispensables pour la pharmacopée et faire une évaluation d’un marché porteur pour la Martinique ? la biodiversité de la Martinique regorge de richesses. Les botanistes et autres chercheurs (multidisciplinarité) donneraient envie à la génération future de rester au pays pour proposer des idées neuves.
    Encourager les échanges à ce niveau avec les îles d’à côté. La Caraîbe ne serait pas qu’un concept, mais deviendrait une réalité.


Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s


%d blogueurs aiment cette page :